Mon blog existe depuis décembre 2003 soit bientot vingt-trois ans. Quand je me suis lancé, tenir un blog c’était presque un acte militant, une façon d’exister sur le web quand Facebook n’était qu’une idée dans la tête d’un étudiant de Harvard. J’ai posté des dizaines de billets sur des sujets aussi variés que le Web 2.0, les dernières innovations, les premiers iPhones, sur le click-to-call, etc. Et puis, comme beaucoup de bloggueurs, j’ai été moins assidu et j’ai fini par abandonner. LinkedIn a phagocyté ma présence en ligne, le blog est passé en mode « survie », alimenté de loin en loin, sans vraie régularité.
Bref. Le blog survivait plutot que ne vivait. Comme des milliers d’autres sites à l’abandon dont les propriétaires se disent chaque année « il faudrait que je m’en occupe » sans jamais vraiment le faire.
Le plugin qui a tout fait planter
Il y a quelques mois, je tombe sur une page blanche en voulant accéder à mon site. Message d’erreur. Le genre de situation qui donne envie de refermer l’onglet et de passer à autre chose. En fouillant un peu, le coupable était rapidement identifié : un plugin installé depuis très longtemps, dont le développeur avait visiblement abandonné le projet depuis des années, et dont la dernière mise à jour était incompatible avec la version de mon WordPress et de mon hébergement. Résultat : site non visible, tableau de bord WordPress inaccessible, et moi avec une terrible envie de ne pas passer mes soirées à me replonger dans les arcanes techniques de WordPress.
En effet soyons honnêtes : WordPress, c’est formidable quand tout va bien. Mais quand ça plante, cela peut vite devenir un enfer de dépendances, de conflits de versions, et bugs en tout genre. Et là, franchement, j’avais mieux à faire.
Claude comme dépanneur WordPress
J’ai donc décidé de confier le problème à Claude Code, la version code l’intelligence artificielle d’Anthropic. Pas en mode « dis-moi comment faire », mais en mode délégation totale : accès au code direct du thème WordPress, logs d’erreur, et en substance « le site ne fonctionne plus, répare-le ».
Trois minutes plus tard, Claude avait réglé le problème. Le plugin incriminé avait été désactivé proprement sans avoir même avoir à toucher au tableau de bord, les conflits avaient été identifiés et résolus, et le site était de nouveau opérationnel.
Mais voilà où ça devient vraiment intéressant.
Claude n’a pas simplement réparé mon blog, il l’a optimisé.
Claude ne s’est pas arrêté là. Sans que je lui demande quoi que ce soit de plus, il a commencé à auditer le site. D’autres plugins obsolètes identifiés, des problèmes de sécurité latents remontés, quelques paramètres de performance ajustés, des css optimisés. Et pour couronner le tout, face à un besoin fonctionnel spécifique que les plugins existants ne couvraient pas proprement, il a développé un plugin sur mesure. En quelques minutes. Un vrai plugin WordPress, avec sa structure de fichiers, son code propre et opérationnel.
Je répète : trois minutes. De la panne au site réparé, optimisé, et doté d’un plugin custom.
La question qui fâche
Ce qui me frappe dans cette expérience, ce n’est pas tant la performance technique en elle-même. Ce qui me frappe, c’est ce que ça implique pour tout un écosystème.
Combien de missions de freelances WordPress se résument exactement à ça ? Un client avec un bug, un plugin qui ne fonctionne plus, un site à dépanner, quelques optimisations à la marge, éventuellement un petit développement sur mesure ? Combien d’agences ont construit une partie de leur chiffre d’affaires sur ce type de prestations ?
Le marché est déjà sous pression — entre la saturation du secteur, les page builders qui ont démocratisé la création de sites, et maintenant l’IA générative. Ce que je viens de vivre concrètement donne une réalité très tangible à un constat qu’on formulait encore de façon abstraite il y a deux ans.
Il ne s’agit pas d’un cas de figure où l’IA aide un développeur à aller plus vite. Il s’agit d’un cas de figure où l’IA remplace complètement l’intervention humaine sur une tâche qu’un freelance aurait facturée entre 200 et 500 euros minimum, avec un délai de réponse de plusieurs jours ouvrés.
Restons mesurés — mais pas trop
Je connais les arguments défensifs. L’IA ne comprend pas les besoins métier, elle ne fait pas la relation client, elle ne gère pas les projets complexes, elle peut se tromper, il faut valider. Tout cela est vrai. Il y aura toujours une place pour des experts capables de cadrer des projets ambitieux, de comprendre des enjeux business, de construire des architectures solides.
Mais une large partie du marché WordPress des agences et freelances ne se situe pas là. Elle se situe précisément sur la maintenance, le dépannage, les petites évolutions, les sites pour les TPE-PME avec un budget serré et des besoins limités. C’est ce segment-là qui est, à mon avis, en train de se faire avaler à grande vitesse.
Mon blog tourne toujours sous WordPress et honnêtement, maintenant que j’ai vu ce que Claude peut faire avec, je suis beaucoup moins inquiet de le voir planter à nouveau. J’ai trouvé mon dépanneur de confiance. Il est disponible 24h/24, il ne prend pas de vacances, et il n’envoie pas de devis.
Vingt-trois ans de blog, et c’est une IA qui m’a rendu le goût d’y revenir et de reprendre mon clavier dee bloggueur! Amusant non?